Une expérience hors des sentiers battus au Sud Soudan

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South sudan tours- the forgotten tribes

L’équipe de Laba Africa Expeditions a passé 8 jours d’aventure culturelle hors des sentiers battus au Sud Soudan et vous raconte cette expérience unique et marquante. Cette destination n’est certes pas commune et impensable pour la plupart des touristes, mais elle offre cependant des trésors insoupçonnés et vous fera sans aucun doute vivre un voyage inoubliable, loin des foules et au-delà de vos attentes. Les photographes y trouveront particulièrement leur compte grâce aux nombreuses tribus qui ont gardé leur mode de vie traditionnel et leurs tenues colorées si photogéniques. Le Sud Soudan est aussi la destination rêvée pour les voyageurs qui désirent vivre une expérience différente et hors des sentiers battus. Passionnés de cultures et de nouvelles découvertes ? Vous allez être conquis par les nombreuses tribus fascinantes du Soudan du Sud.

Préparation du voyage

le Sud Soudan n’est pas un pays accessible en termes de visa, administratif et sécurité. Pour cette raison, il est honnêtement presque impossible de s’y rendre sans passer par des professionnels qui ont les connaissances et surtout le réseau nécessaire pour obtenir les autorisations et les informations indispensables au bon déroulement du voyage. De notre côté, les préparatifs se sont donc limités à se familiariser avec l’itinéraire et paqueter nos affaires.

Qu’avons-nous emporté dans nos sacs à dos pour 8 jours d’expérience hors des sentiers battus au Sud Soudan ? Des habits couvrants mais légers pour affronter le chaud, de la crème solaire, de l’anti-moustiques, des affaires de camping comme un linge microfibre, un sac de couchage et une lampe frontale, nos gadgets électroniques et photographiques, un chapeau, des nécessaires de toilettes, et des sandales. 

itinéraire safari

Jour 1 : Arrivée à Juba

Moins d’une heure de vol plus tard, nous arrivons à l’aéroport international de Juba, la capitale du Sud Soudan. Le climat est assez chaud, mais nous nous attendions à pire. Nous sautons dans un taxi pour rejoindre notre hôtel, après un petit stop en route pour changer nos US dollars contre des pounds sud soudanais et acheter quelques snacks – indispensables pour tous roadtrips. Un petit plongeon dans la piscine et un repas plus tard, nous allons nous coucher tôt pour être en forme pour l’aventure qui commence demain.

Jour 2 : Lopet via Kapoeta

6h00 le taxi nous attend en bas de notre hôtel pour nous emmener à l’aéroport de Juba, où nous devons prendre un avion à hélices pour nous rendre à Kapoeta. La voiture nous dépose directement sur le tarmac, ce qui nous évite toute file d’attente ou procédure administrative. Avec notre groupe de 9 aventuriers et nos sacs, nous remplissons le petit avion. Une heure de vol panoramique plus tard, nous arrivons à l’aérodrome de Kapoeta, où les locaux nous réserve un accueil chaleureux. Nos guides et chauffeurs, ayant fait le déplacement de Juba la veille, nous attendent avec le matériel et les voitures. D’ailleurs, un voyage hors des sentiers battus dans un pays où les infrastructures touristiques sont quasi inexistantes requiert une logistique impressionnante : matériel de camping (tente, matelas et oreiller pour chaque voyageur et staff), matériel et ustensiles de cuisine (y compris bombonnes de gaz), vivres et boissons pour l’entier du voyage, tables et chaises, générateur, et même des glaciaires pour garantir des bières fraîches à chaque apéro !

Après un trajet de 5 heures environ sur des routes un peu difficiles mais divertissantes (les populations locales et les paysages somptueux vous feront largement oublier les bosses), nous arrivons à Lopet où vit la communauté Jie (également écrit Jiye). Nous établissons notre campement qui sera notre maison pour les deux prochains jours et partons explorer la communauté locale. Le peuple Jiye a migré de l’Ouganda des décennies auparavant, et est essentiellement pastoral. Entre 1000 et 3000 personnes habitent le village que nous visitons – le recensement exact est difficile car seules de rares études sont menées, et de nombreux hommes se trouvent dans les camps de bétails, à des heures de marche de leur foyer. La communauté est accueillante et nous offre l’opportunité unique d’avoir un aperçu de leur quotidien.

. Accompagnés de nos guides locaux qui nous fournissent traductions et explications, la tribu Jiye nous fait visiter le village, leurs huttes, leurs garde-manger. Nous sommes suivis par beaucoup d’enfants bien sûrs intrigués mais aussi un peu intimidés. Un groupe de jeunes hommes nous invite à partager la bière artisanale locale faite à base de sogame. Des femmes nous demandent de les prendre en photo pour immortaliser la beauté de leur drapés et leurs perles colorées. Des dizaines d’enfants nous escortent avec leurs larges sourires. Un premier moment d’immersion plein d’humilité, de chaleur humaine, et de merveilles photographiques.

Jour 3 : Lopet and Jiye community

Réveil à 5h30, après une nuit suffisamment longue et très confortable – heureusement que les températures ont légèrement chutés durant la nuit. Nous buvons un café et embarquons dans les véhicules. Il faut profiter de l’air encore frais et de la superbe luminosité matinale ! Nous nous rendons dans un autre village proche, où nous sommes accueillis chaleureusement pas de nombreux enfants, des aînés et quelques jeunes femmes. Les heures qui suivront seront consacrées à découvrir les habitants et observer leur mode de vie – un programme simple d’apparence mais pourtant si fascinant et varié. Nous observons des femmes construire des huttes, préparer du millet (concasser les grains jusqu’à l’obtention d’une poudre blanche très fine), tisser des bijoux avec des perles, s’occuper des enfants, amener de l’eau, s’occuper du foyer, etc. Le foyer et même la construction sont généralement la tâche de la femme, car l’époux passe une grande partie de son temps en dehors du village à s’occuper du bétail. Nos guides nous expliquent l’organisation de cette communauté, leur mode de vie, leur culture… Le dépaysement égale l’admiration.

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Et nous ne sommes évidemment pas les seuls à découvrir un nouveau monde : la tribu est intriguée par nos habillements, nos accessoires, ou juste les cheveux et couleur de peau de certains voyageurs du groupe. Nous retournons à notre campement, où notre cuisinier n’a pas chômé. Un petit déjeuner varié et copieux nous attend (omelettes, toasts, fruits frais, biscuits, salade de tomates et même des pancakes !), suivi d’un moment détente. L’après-midi débute avec une séance de photos de femmes vêtues de leurs tenues traditionnelles (la plupart des voyageurs présents avec nous sont des photographes professionnels).

Après des discussions intéressantes avec nos guides qui viennent des communautés environnantes, nous prenons un repas et partons pour une « fête » locale. Quelques minutes de route plus tard, nous voilà accueillis par des dizaines d’enfants et de femmes vêtues de toutes leurs perles et de leurs plus beaux tissus. Elles portent sur la tête des ornements représentant un animal qu’elles chérissent ou qui les associent à leurs contemporaines. Le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont resplendissantes et hautes en couleurs ! Accompagnés des enfants et des plus jeunes, nous avons droit à un impressionnant spectacle de danses traditionnels. Si la journée paraît simple sur papier, elle fut très riche en apprentissages, découvertes et humanité. Après un repas en toute convivialité (des pâtes, de la sauce au champignon et du poulet), nous irons nous coucher les appareils photos remplis de clichés saisissants et les têtes encore davantage de souvenirs.

Jour 4 : Tribu Topossa et Larim

Aujourd’hui nous partons vers une autre communauté, appelée Larim. Puisque nous devons défaire notre campement et tout embarquer pour établir un autre camping, nous nous levons avant le soleil. Notre équipe de chauffeurs, guides, et cuisinier est déjà très active, et un petit déjeuner copieux nous attend. Nous prenons la route vers 6 heures, direction Kapoeta puis Larim. Sur le trajet, nous nous arrêtons visiter un village de la tribu Topossa. C’est intéressant de voir les différences entre les différentes communautés, notamment au niveau de leur habillement et bijoux. Comme pour les Jiye et la majorité des tribus, les villages sont principalement occupés par les femmes et les enfants puisque les hommes passent des mois dans les camps où le bétail est gardé.

Il y a généralement peu d’ainés. Nous rencontrons deux jeunes femmes portant leur bébé qui nous demandent de les prendre en photo. L’une d’entre elle sort de son pagne une photo Polaroid, qu’elle nous montre avec fierté. Un touriste l’avait prise en photo et la lui a donnée. On leur promet d’imprimer leur photo et de la leur donner si nous avons la chance de repasser par là. Nombreuses belles rencontres et poignées de mains plus tard nous reprenons la route pour la ville de Kapoeta, où nous devons faire quelques courses avant de retourner loin de tout marché.

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On a même le luxe de pouvoir prendre une vraie douche – les douches se font au saut et peu d’eau dans les campements. Nous voilà rafraichis et prêts à reprendre la route. Les routes ne sont pas goudronnées et souvent bosselées ; la vraie aventure hors des sentiers battus, littéralement. Les paysages, bonne ambiance et les explications de notre chauffeur rendent toutefois les trajets agréables. A la tombée de la nuit (vers 18h), nous arrivons à Larim où nous camperons deux nuits. Si le soleil est déjà couché, la luminosité des nombreuses étoiles nous permet déjà d’affirmer que le lien est somptueux et parfait pour établir notre campement.

En pleine nature, le terrain borde un village Larim et il a beaucoup d’arbres. Nous installons nos tentes sous un magnifique arbre protégé (car ses fruits ont beaucoup de vertus médicinales en plus d’être délicieux) et sommes récompensés par un délicieux repas une fois que nous avons terminé. Même si tout le temps est un peu fatigué du trajet, nous partagerons un verre et plein d’anecdotes avant d’aller nous coucher.

Jour 5 : Larim community

Le jour se lève et nous aussi (la luminosité du crépuscule est splendide pour les photos). Nous découvrons la beauté des environs. Plein d’enfants curieux sont déjà postés près de nos tentes. Les ainés et le chef du village sont présents pour nous souhaiter la bienvenue. On prend un café et nous voilà partis pour rencontrer la communauté qui vit au pied des montagnes à quelques minutes de marche. Les huttes des Larim sont relativement différentes de celles des Jiye. Une femme a la gentillesse de nous faire visiter sa maison. Si la petite entrée et le bas plafond nécessitent quelques aptitudes de souplesse, la découverte est très intéressante. La première pièce (le « balcon », selon notre guide) est l’endroit où sont reçus les visiteurs. C’est aussi là que sont suspendus les quelques habits, particulièrement les jupes traditionnelles faites de tissus multicolores. La deuxième pièce en enfilade est la cuisine et la chambre à coucher.

Un feu est allumé au centre, pour cuisiner le millet qui orne le plafond. En sortant, une vieille femme qui fume la pipe nous interpelle avec quelques mots d’anglais (chose rare pour ces habitants qui ont leur dialecte et n’apprennent généralement pas d’autres langues). Elle nous explique qu’elle a appris quelques mots d’anglais grâce aux quelques visiteurs étrangers qu’elle a rencontrés. Pleine d’humour, elle nous demande avec un accent parfait de la prendre en photo en train de fumer.

Contrairement à d’autres communautés, beaucoup fument au Sud Soudan, aussi bien hommes que femmes. Le tabac agit comme un coupe-faim pour ces gens qui n’ont souvent que deux maigres repas par jour. Les femmes Larim ont énormément de scarifications, surtout sur les bras et dans le dos : un signe de beauté, mais aussi de bravoure, puisque ces « tatouages » sont réalisés à l’aide d’aiguilles qui retournent la chaire ou de lame de rasoir (sans anesthésiant bien entendu). Dès une dizaine d’années environ, les femmes (mais aussi quelques hommes) se font marquer la peau par des symboles symboliques ou purement esthétiques. La jeune fille qui a voulu me tenir la main tout le long de la marche a le sigle du village inscrit sur son petit bras, ainsi que des symboles évoquant des animaux. De retour au campement, nous rencontrons des jeunes hommes qui viennent de rentrer des camps de bétails.

Ce ne sont pas leurs armes à feu qui nous interpelle en premier, mais leur look coloré. Notre guide local nous aide à entrer en communication avec eux. Ils nous expliquent que les perles qu’ils portent à leur taille sont purement décoratives, tout comme leurs boucles d’oreilles ou les plumes qu’ils ont dans leur casquette artisanale. Très jeunes pour la plupart, ces artifices leur permettent d’attirer le regard des jeunes femmes. Pendant que nous discutons avec un garçon qui a des guêtres en plastique (pour se protéger des épines dans la brousse nous expliquera-t-il), un autre dégaine son smartphone pour prendre plus ou moins discrètement une photo de nous. Cela tombe bien, on voulait aussi bien immortaliser leurs habillements !

Quelques heures plus tard, nous partons pour une randonnée de digestion un peu plus haut dans les montagnes, pour rejoindre un autre village. Quelques enfants font la marche avec nous : la communauté nous réserve un accueil particulièrement chaleureux. Tous les habitants veulent parler avec nous et nous montrer où ils habitent. Une jeune fille se découvre pour la première fois en vidéo sur notre smartphone, et sa réaction est vraiment touchante et amusante.

Apparemment très intéressée par nos téléphones, nous montrons à une jeune femme comment prendre des photos et des vidéos. Elle s’entraine avec quelques selfies. Pas satisfaite du résultat de la première prise car on ne voit pas bien son magnifique collier, elle recommence jusqu’à satisfaction. Elle va ensuite demander à un ainé de prendre la pose pour l’immortaliser, et montre avec fierté le résultat au groupe de villageois. Maintenant très à l’aise, elle prend ensuite des photos du groupe pour nous. En fin d’après-midi, nous visiterons l’école où des femmes se prêteront à une séance photo parées de leur plus belle tenue. Cette magnifique journée se clôturera avec une fête Larim – des chants et des danses – et un barbecue de chèvre.

 

Jour 6 : Transfert vers Juba via Tolit

Aujourd’hui est marqué par un retour à la vie citadine. Pas que nous ayons réellement besoin d’un extra confort – la vie en camping que nous menons est rendue franchement agréable – mais notre prochaine étape est située près de Juba. Nous faisons une pause à Tolit, une importante ville commerçante. L’occasion pour nous de prendre un repas local (posho, poulet, riz, matoke, patate douce, quelques légumes et une délicieuse sauce) , et nous repartons sur la route pour encore plus de paysages scéniques. Nous traversons des réserves naturelles (comme la réserve Kidepo, dont la partie principale se situe sur le territoire sud soudanais). Les décors sont non seulement somptueux mais aussi divertissants : on a l’impression de jongler entre des vues de l’Ouganda, puis du Kenya et de la Tanzanie. Ce long voyage nous donne l’occasion d’en apprendre plus sur l’histoire de ce jeune pays qui a obtenu son Independence en 2011.

Avec ses 64 tribus, le pays est pour le moins diversifié. Chaque communauté a son propre dialecte (certains étant cependant proches), sa culture et ses traditions distinctes. Nous arrivons dans la capitale dans l’après-midi, ce qui nous laisse le temps d’aller faire un plongeon dans la piscine avant de partager un bon repas, ce qui ne change toutefois pas des jours précédents (au menu de ce soir, frites, poulet grillés, salade fraîche et ananas/pastèque pour le dessert). Si vous pensez à des maigres portions de riz durant l’expédition, détrompez-vous ! Notre chef nous a concocté des plats variés et délicieux trois fois par jour – à nous faire oublier que nous étions au milieu de nulle part, sans eau courante ni électricité.

Jour 7 : Transfert vers Mundari Cattle Camp

Le camp de la tribu Mundari se trouve cette fois-ci à proximité de Juba (même pas une heure de route). « Cette fois-ci » car la tribu est nomade. Puisque les Mundari sont des éleveurs de bétail, ils ne restent généralement pas plus de quelques semaines ou mois où même endroit. Une fois l’herbe devenue trop rare pour nourrir les bêtes, le peuple prend la route en quête d’un nouvel espace. Nous prenons la route en milieu d’après-midi, après avoir fait quelques courses au marché local et déniché quelques objets artisanaux. Nous arrivons un peu avant 16h, ce qui nous laisse le temps d’installer nos tentes et notre cuisine mobile avant d’aller visiter camp de bétail (cattle camp). La journée touchant à sa fin (le coucher de soleil est vers 18 heures au Sud Soudan), les Mundari rappellent les vaches qui étaient dans les pâturages durant la journée : les tambours et cornes de vaches résonnent pendant que les jeunes hommes guident les bêtes là où elles passeront la nuit, gardées par la communauté.

Le bétail occupe une place centrale dans la vie des Mundari. Premièrement, les vaches sont leur fortune, une sorte de compte bancaire en nature. La valeur d’une bête varie mais se situe aux alentours des 350-400 USD. Les bêtes sont donc achetées pour investissement et vendues en cas de besoin de liquidités. C’est très rare que le bétail soit tué dans le but d’être mangé – cela n’arrive que si la vache est décédée de maladie qui n’aura pas de conséquences néfastes pour la personne qui consomme sa chaire. En raison de sa valeur, posséder un grand nombre de bêtes est aussi un signe de prestige : les Mundari sont fiers de leur bétail, et en possédant beaucoup est un direct signe de richesse, et donc de pouvoir.

tribes in south sudan

Finalement et peut-être le point le plus important, les vaches sont indispensables au paiement de la dote pour épouser une femme. Généralement, la main d’une femme requiert entre 50 et 100 vaches. La tribu étant polygame, posséder beaucoup de bêtes permet donc d’avoir plusieurs femmes – un autre signe de pouvoir mais aussi un gage de sécurité. Une atmosphère unique, presque irréelle, se dégage du camp : dizaines des vaches Ankole, somptueuses avec leurs grandes cornes, se mêlent aux jeunes hommes à la peau grisâtre (en raison des cendres qu’ils appliquent pour se protéger du soleil et des insectes), le tout dans un hâle de fumée – les excréments des vaches sont brûlés pour faire fuir les parasites et aider à un sommeil paisible.

Certains Mundari massent leurs vaches avec des cendres d’excrément, d’autres sont occupés à dompter les animaux rebelles. Intrigués par notre présence, beaucoup de Mundari viennent nous parler ou nous demandent de les prendre en photo, de préférence avec leur vache, ou simplement d’eux faisant la gestuelle des cornes de leur bête favorite. Peu habitués à voir des étrangers, ils très joviaux et curieux. Une femme demande à notre guide si j’ai moi aussi du sang qui coule dans mes veines. Un groupe de jeunes filles demandent une photo avec moi, et en profite pour me toucher la peau et les cheveux ; ma peau claire et mes veines apparentes les intrigue. Moins admiratif, un bébé se met à pleurer lors de mon passage, apeuré de voir quelqu’un de si différent physiquement pour la première fois. Le coucher de soleil, et surtout la beauté des vaches et de l’environnement nous gâte d’un spectacle magnifique, certainement très photogénique. De retour à notre campement, des tilapias grillés et des bières fraîches nous attendent.

 

Jour 8 : Mundari Cattle Camp

Le lever de soleil s’annonce magique et très photogénique : le réveil (très) matinal ne nous effraie pas. Comme d’habitude, notre chef nous a précédé et l’odeur du café chaud nous aide à sortir le nez de nos tentes – les nuits sont plutôt fraîches par ici. Ce matin, nous nous rendons dans un autre cattle camp, assez à proximité de notre campement. Dans la brume matinale, le spectacle auquel nous assistons est juste merveilleux et hors du temps. Partout où se pose notre regard il y a quelque chose d’intéressant ou de juste esthétique. Un cattle camp, particulièrement au lever ou au coucher du soleil, pourrait bien être le paradis des photographes (ou juste des amoureux de la nature, ou les curieux de découvrir quelque chose de vraiment unique).

Alors que les Mundari commencent à s’activer dans tous les sens, notre guide nous explique ce qui se passe – certaines habitudes étant surprenante pour un étranger. Comme la veille, des excréments sont brûlés pour utilisation des cendres. Ce matin, on découvre qu’elles servent aussi de dentifrice, que la tribu applique sur les dents avec un bâton de bois particulier en guide de brosse à dents. Sous nos yeux ébahis, un jeune garçon se met à souffler dans les parties intimes d’une vache. Cette pratique sert à stimuler la lactation de l’animal, pour qu’il la traire et ensuite boire son lait. La scène nous paraît irréel et complétement hors du temps, surtout que le jeune homme à la visage noir (donc « propre ») et le reste du corps gris de cendres. Il faut dire que chaque scène est d’une pure beauté dans son genre.

Photo of Mundari wrestling Laba Africa Expeditions

Nous continuons notre marche dans le camp et le soleil continue son ascension dans le ciel. Un groupe d’hommes sont en pause-café et narguilé. Grâce à nos guides, nous entamons la conversation. Un des Mundari propose une offre (plutôt flatteuse !) pour que je devienne sa femme – jusqu’à ce qu’il découvre que j’ai déjà la trentaine. « Pourquoi n’est-elle pas mariée et mère de plusieurs enfants ? » s’interroge-t-il. S’ensuit une discussion intéressante sur les différences culturelles. Une jeune femme me demande combien je veux d’enfants et est très étonnée de savoir que deux me paraît bien. Elle en a déjà quatre (pourtant encore très jeune) et en aura autant que Dieu le veut – peut-être douze, précise-t-elle.

Pour les Mundari, les enfants représentent aussi une sécurité financière pour leur futur. L’après-midi, nous assistons à un combat de catch entre les deux cattle camps qui nous entourent. Le catch occupe une place importante dans la culture Mundari. Les enfants commencent à s’entrainer très tôt. Plus qu’en passe-temps, il s’agit aussi d’un moyen de montrer leur force et de s’imposer face à d’autres clans. Et en effet, les hommes sont forts ! En fin de journée, nous retournons dans le camp de la veille pour le coucher du soleil, et même si ce n’est pas une nouvelle découverte, nous tombons amoureux une seconde fois de cette atmosphère mystique et de cette pure beauté.

Jour 9 : retour à Juba et ensuite Kampala

Toute bonne chose touchant à sa fin, il est l’heure pour nous de retourner à nos vies et de retrouvons les choses du quotidien que nous considérons normales – de l’eau courante, de l’électricité, un lit, une douche… L’expérience aura été marquée par tellement de découvertes, de rencontres touchantes, d’humilité, de paysages splendides, d’apprentissage. Il va certainement nous falloir quelques jours pour « encaisser » tout ce que nous avons eu la chance de vivre durant cette semaine de voyage hors des sentiers battus au Sud Soudan. Le pays regorge de tant de trésors cachés… Nous nous réjouissons déjà de revenir !

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